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Pour une révolution raisonnable

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Emmanuel Macron lors d'un débat à Courcouronnes, le 4 février (image d'illustration). © Ludovic Marin/Pool Source: Reuters

Réagissant aux violences policières dans le contexte de la crise des Gilets jaunes, le philosophe Michel Onfray dénonce la volonté claire du gouvernement, non de maintenir l'ordre, mais de réprimer pour maintenir le cap des réformes libérales.

«Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’Histoire.»

Macron, le 13 février 2018, devant la presse présidentielle

   Certes, l’Etat définit bien ce Moloch qui dispose du monopole de la violence légale : mais pour quoi faire? Sauf irénisme radical, la nature humaine étant ce qu’elle est, il n’est en effet pas question d’imaginer un monde dans lequel on n’aurait plus besoin d’armée ou de police, de tribunaux ou de prisons, de loi et de droit. Si l’on estime qu’un violeur n’est pas un violé, un agresseur un agressé, un voleur un volé, un pilleur un pillé, un frappeur un frappé, il faut bien qu’une série de mécaniques sociales permette d’appréhender le violeur, l’agresseur, le volé, le frappeur afin de le déférer aux tribunaux qui jugent des faits en regard de la loi et du droit, et envoient la personne jugée coupable purger sa peine au nom de la réparation du violé, de l’agressé, du volé, du pillé, du frappé, mais aussi dans la perspective de protéger d’autres citoyens de la dangerosité de ces délinquants.

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Samedi 8 décembre, des blindés de la gendarmerie étaient disposés pour la première fois dans Paris. - Karine Pierre / Hans Lucas
 

C’est dire si le pouvoir a eu peur. Samedi 8 décembre, certains des blindés de la gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris étaient secrètement équipés d’un dispositif radical, qui n’aurait été utilisé « qu’en dernier recours » : une réserve de liquide incapacitant. Selon nos sources, la pulvérisation de ce liquide sur une foule de gilets jaunes aurait été capable de « les arrêter net, mettant les gens à terre, même avec des masques ». Chaque engin aurait pu « neutraliser » une surface de plusieurs terrains de football… « Heureusement, que l’on n’en est pas arrivé là », ajoute cette source haut placée dans le dispositif policier. « L’autorité politique », comme le disent les fonctionnaires, aurait approuvé l’éventuel emploi d’un tel produit, qui n’aurait été utilisé qu’en cas de « débordement ultime ». Une sorte de « dernier rempart », utilisable sur décision politique… Interrogée, la préfecture de police de Paris renvoie au ministère de l'Intérieur.

 

President Macron

Nombre de posts circulent sur Facebook, notamment chez les gilets jaunes, affirmant qu'Emmanuel Macron s'apprête à remettre la souveraineté de la France à l'ONU, à Marrakech ce lundi 10 décembre. En réalité, le "pacte mondial pour des migrations sûres", dont il est question, n'a rien de contraignant mais sa conception prête le flanc aux fantasmes.

 

Le pacte adopté à MarrakechMise à jour, le 10 décembre 2018

Le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé le lundi 10 décembre à Marrakech (Maroc), devant quelques 150 pays réunis en conférence intergouvernementale. Le texte doit désormais faire l'objet d'un ultime vote de ratification, le 19 décembre à l'Assemblée générale de l'ONU.

"Le vrai sujet dont n'a pas parlé Edouard Philippe, c'est le pacte migratoire", confie à Marianne un membre des gilets jaunes, en marge d'une discussion concernant la crise en cours. Sa crainte ? Qu'Emmanuel Macron, qui devait se rendre à un sommet de l'ONU à Marrakech le lundi 10 décembre (il y a finalement renoncé, déléguant le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne), y approuve au nom de la France un texte… qui lui ferait perdre sa souveraineté et submergerait l'Europe d'une vague migratoire incontrôlée. La source de cette peur : un document au titre si technique qu'il en devient en effet effrayant, le "Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières".